Duras-Pivot . Apostrophes

Duras-Pivot . Apostrophes

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Le 28 septembre 1984 Bernard Pivot reçoit Marguerite Duras en direct dans sa célèbre émission Apostrophes. Un moment unique à propos duquel l’écrivain dira : « On était retourné au premier état de la relation humaine, celui de la curiosité de l’autre. »
Sur le plateau une table, deux fauteuils, des livres, des fiches. Assis là, un comédien et une comédienne une heure durant vont interpréter cette rencontre et partir à la recherche de la qualité de cet échange.

« Je ne comprends pas toujours très bien ce que je dis, ce que je sais c’est que c’est complètement vrai » (Marguerite Duras)

Ce spectacle donne accès à la parole singulière, étonnante, émouvante et parfois choquante de Marguerite Duras. Écouter les mots de Marguerite Duras, c’est peut-être aussi entendre ce qu’elle n’a pas écrit, ou comprendre autrement ce que nous avons lu.

« Écrire, c’est croire que tout n’a pas été dit et que ce qui a été dit aurait pu l’être autrement, mieux même. » (Bernard Pivot)

Bernard Pivot par son écoute, son attention bienveillante, et la curiosité gourmande de ses questions, nous transmet son intérêt pour l’écrivain et pour son œuvre. Sa vivacité s’accorde au rythme posé de Marguerite Duras. Il laisse vivre les silences, relance le propos et cherche à faire entendre ce qui n’a pas été écrit. Au-delà de la femme écrivain et de l’homme de culture, ils deviennent à cet instant, face à face, tous les hommes et toutes les femmes qui se parlent et s’écoutent avec sincérité et respect parce qu’ils s’intéressent l’un à l’autre.

« Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit.» (Marguerite Duras)

Nous avons voulu à travers la démarche originale de ce projet créer une proximité avec les spectateurs, les inviter au cœur même d’un jeu complètement vrai. Notre dispositif scénique permet cette présence intime et partagée qui restitue la vérité et l’intensité de l’échange, ce bonheur de parler ensemble.

« Aucun des précédents tête-à-tête de Pivot n’avait donné pareille impression de vérité. Aucune prudence ne préservait Madame Duras. L’être humain et l’écrivain étaient là, fragiles et indestructibles, blessés et orgueilleux. C’est à cause de tels moments que nous aimons Pivot dans la bouleversante familiarité de ce qu’il nous donne à aimer.» (F. Nourissier)

Avec B.Pivot

Dans cette Apostrophes avec Marguerite Duras, j’ai été ébloui de nous retrouver, elle et moi, tels que nous étions, dans l’affrontement et la connivence, dans la distance et la séduction. Chapeau, les comédiens ! Mais ce qui m’a le plus sidéré, c’est de ressentir de nouveau, avec intensité, et pas fugacement, le risque du direct, comme si l’une et l’autre nous jouions une partie majeure de nos vies publiques et littéraires. (Bernard Pivot)